London 2005 by night

Entrez dans les ténèbres
 
AccueilAccueil  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez
 

 La nuit du Requiem, 19 septembre 1888

Aller en bas 
AuteurMessage
Lestat
MJ sadique
Lestat

Nombre de messages : 3013
Age : 31
Localisation : Derrière l'écran
Date d'inscription : 22/03/2007

La nuit du Requiem, 19 septembre 1888 Empty
MessageSujet: La nuit du Requiem, 19 septembre 1888   La nuit du Requiem, 19 septembre 1888 Icon_minitimeMer 3 Sep - 0:42

Musique d’ambiance

Londres, la nuit du 19 septembre 1888.

Jack l’Eventreur est mort, mais aucun mortel ne le sait. Aucun, excepté ceux dont la vie s’échappe en même temps que leur sang.

Le sang. Ils le sentent couler des meurtrissures de leur chair mutilée par les crocs du prédateur qui les maintient sous son emprise, se nourrissant avidement de leur fluide vital, buvant leur vie. Elle leur échappe…

Ce soir, Andrew Howells attendait débout comme un seigneur dans son grand salon, paré de ses atours éclatants de duelliste des siècles passés en dégustant un millésime trop pourpre pour être du vin lorsque son serviteur lui apporta la lettre. Il s’en saisit d’une main, tenant son verre de l’autre, et commença à lire quand arriva une merveilleuse créature, une jeune femme brune à la peau pâle, gracile et fragile, vêtue d’un habit de soirée magnifiant sa beauté parfaite.


- Je suis prête, père. Il est temps.

Le verre tomba à terre et se brisa avec un fracas cristallin, souillant le sol de sang immaculé.

Le sang. Ils peuvent presque en sentir les effluves alors qu’il quitte leurs veines contractées, leur cœur battant contre leurs tempes.

Des murmures et autres chuchotements parcouraient l’imposante salle de bal du Grand Elysée de Londres, allant au rythme des conversations discrètes et tranchantes d’une communauté de damnés vêtus de tenues de soirée victoriennes ou plus anciennes encore. Tous des vampires, tous des buveurs de sang. Tous des monstres.
Un certain nombre de ces prédateurs nocturnes se tenaient au rez de chaussée de la salle de bal, divisés en deux rangées distinctes séparées par une allée improvisée de quelques mètres de large, quand d’autres observaient d’un œil avide depuis les balcons de l’étage supérieur. Tous se dévisageaient de leurs yeux de prédateur, s’observant en chien de faïence ou s’octroyant des saluts polis, voir de rares sourires de circonstances. Un trône aux ornements gothiques situé sur une estrade face à la vaste salle et ses occupants venait compléter ce tableau ténébreux et archaïque aux allures de cour monarchique.
Soudain, le grand rideau rouge vif s’étendant derrière le siège royal s’ouvrit, laissant apparaître la silhouette charismatique d’un homme dont la stature imposait un respect immédiat et profond. Vêtu de noir et de pourpre et portant un brassard couleur or à son bras droit, il était apparemment âgé d’une trentaine d’année et son visage à l’expression sévère semblait sculpté dans du marbre que venait garnir ses favoris et son petit bouc noirs parfaitement entretenus. Mais ce n’était pas un homme, non, c’était un vampire. Et c’était le Prince.

Le sang. Ils peuvent l’entendre à travers les bruits de succion émit par le vampire tandis qu’il apprécie la saveur bienfaitrice du millésime de vie qui commence à se faire rare dans leur corps, les affligeant d’une fatigue fatale. Ils ne peuvent plus lutter.

Les conversations cessèrent immédiatement, plongeant le Grand Elysée dans un silence macabre semblable à celui d’une veillée funèbre. Tous les regards se tournèrent vers celui qui siégeait au sommet de la société des damnés, alors qu’il s’avançait vers l’assemblée d’une démarche si fluide et agile qu’elle apparaissait comme inhumaine. Puis il s’arrêta, scrutant un à un les visages des non-vivants de ses yeux verts perçants, saluant chacun d’entre eux de manières différentes sensées exprimer des choses que seuls les membres de cette grande Famille pouvaient comprendre. Et puis, il alla s’assoire sur le trône princier, impérieux et magnifique en digne seigneur des damnés.
Toute puissante, sa voix s’éleva au dessus de la cour vampirique.


- Quelqu’un désire-t-il parler ?

Sortant des rangs, Andrew Howells.

- Votre Majesté, Vénérable Prince de Londres et Comte de la Cité de Westminster, je souhaiterais avoir l’honneur d’une audience.

D’un geste de la main, le Prince lui octroya le droit de s’exprimer et lui fit signe d’approcher.

- Bon Monsieur Howells, vicomte du Covent Garden et de St John’s Wood, Conseiller et Meister duelliste, j’accède à votre requête.

Andrew Howells s’avança d’un pas solennel en direction du monarque sous l’œil scrutateur et attentif des damnés restés dans le rang. Il était paré de son habit de duelliste et portait une épée ornementée et incrustée de pierres précieuses à sa ceinture. Bien que toujours rayonnant, Howells gardait un profil bas et se montrait bien moins démonstratif qu’à l’accoutumée. Lorsqu’il arriva en bas des marches qui menaient au trône, il s’inclina largement devant le Prince vampire.

- Je vous remercie, Votre Majesté, de bien vouloir m’accorder cette audience.

Il se redressa et se tint bien droit, déployant toute l’allure dont il était capable.

- Je viens à vous pour vous informez que mon infante, souhaite s’affranchir de ma tutelle pour marcher seule dans la société vampirique de Londres.

- Je vous ai entendu, Monsieur le Conseiller. Qu’on la fasse venir.

- Sauf votre respect, Votre Majesté, mon infante n’est pas prête.

- J’insiste, Monsieur le Conseiller, que votre infante nous rejoigne.

- Vénérable Prince de Londres, je dois protester, mon infante n’est pas encore capable de s’affranchir.

- Appelez l’infante de Monsieur le Conseiller.

- Votre Majesté, elle n’est pas prête.

- J’ai dit, qu’elle entre !

- Bien, Majesté. Je vous présente Mademoiselle Donovan, mon infante !

Musique d’ambiance

L’une des portes donnant sur la salle de bal s’ouvrit et tous les regards malsains des monstres buveurs de sang se tournèrent vers le ravissement charnel qui s’offrait à leur vision non-vivante. La magnifique femme vampire s’avança timidement en direction du Prince, n’osant rendre leur regard inquisiteur et suspicieux aux damnés qui l’emprisonnaient du regard. Elle avait les mains attachées par des chaînes et n’était vêtu que d’une draperie de tissu marron qu’elle avait enfilé comme un tablier, laissant apparaître succinctement ses formes galbées et attrayantes. Autour de son cou avait été attaché une corde reliée à un parchemin sur lequel la jeune vampire avait rédigé sa demande de manumission en lettres de sang, sa propre vitae. Lorsqu’elle rejoignit son sire Andrew Howells, elle s’inclina à son tour devant la personne intimidante du Prince. Ce dernier s’adressa à elle.

- Quel est votre nom ?

- Mademoiselle Elizabeth Donovan, Votre Majesté, infante du Très Respecté Conseiller Monsieur Howells, lui-même infant d’Alexander Neville.

- Quel est, à vos yeux, la plus importante des trois Traditions fondamentales ?

L’infante d’Howells déglutit péniblement, réfléchissant tout en frottant ses doigts l’un contre l’autre. Cela ne passa pas inaperçu. Alors qu’elle mettait du temps à répondre, son sire lui jeta un regard impatient.

- Elles… elles le sont toutes, Votre Majesté, et je crains de ne pas être capable d’en isoler une en particulier, je vous prie d’accepter mes excuses.

- Qu’allez-vous faire une fois affranchie ?

Là encore, Elizabeth Donovan mit du temps à répondre. Beaucoup plus de temps, ce qui souleva des chuchotements dans la foule. Puis elle se reprit :

- Respecter les plus anciens que moi tout autant que les traditions, et servir au mieux la société vampirique que vous dirigez, Votre Majesté.

Le Prince resta de marbre un long moment, ne laissant transparaître aucune émotion. A cet instant, il aurait aisément pu être confondu avec une statue sans vie… ce qu’il était plus ou moins. Finalement, il réagit.

- Monsieur le Conseiller, veuillez me donner votre épée.

Le Prince se leva, écrasant à nouveau la salle de bal de sa présence de fer, et descendit les quelques marches qui le menaient à Andrew Howells. Ce dernier sortit la somptueuse épée ornementée de son fourreau puis s’inclina en la présentant au seigneur vampire. Il s’en saisit avec dextérité puis se tourna vers Elizabeth Donovan, lui offrant l’arme dont elle s’empara avec révérence.

- Portez la pour protéger votre Prince, Mademoiselle Donovan.

- Et voici la preuve que ma main sera à votre service aussi longtemps que je foulerai les terres de la cité.

La jeune Elizabeth Donovan tendit un gant de cuir noir à l’impressionnant Prince qui s’en saisit sans autre forme de politesse. Puis, le Prince, le sire et l’infante s’échangèrent d’autres objets symboliques, dont une cape dont Howells drapa son infante, disant qu’elle était venue nue et ignorante, et qu’elle portait à présent le savoir des lois et traditions vampiriques. Finalement, deux vampires, une belle femme aux yeux verts et un jeune premier à la mine satisfaite approchèrent de la jeune vampire et l’enveloppèrent d’un linceul pourpre, avant de rejoindre les rangs des spectateurs.
Depuis la tête de la rangée gauche, un vampire aux petites lunettes rondes habillé à la dernière mode observait la scène. Loin derrière, à l’abris des regards, un individu portant un chapeau haut de forme était assis, une canne au pommeau d’argent logée dans le creux de son bras. Lui aussi observait, en marge du gros de la communauté.
En haut, à l’abri de l’un des balcons, un outsider s’était secrètement joint à la fête et regardait avec dédain la cérémonie qui se déroulait sous ses yeux.

Le Prince observa longuement l’ange drapé de son linceul avant de gravir à nouveau les marches et de se tourner vers l’assistance pour faire son annonce solennelle.

- Madame Donovan, je vous déclare affranchie de la tutelle de votre sire le Bon Conseiller Monsieur Howells, et membre à part entière du Premier Etat.

[i]Des applaudissements contrôlés retentirent puis s’arrêtèrent au bout de quelques secondes seulement. Puis, la porte d’où était entrée Elizabeth Donovan s’ouvrit à nouveau, laissant apparaître une figure pathétique qui fut transpercée de part en part par les regards dédaigneux des vampires. La pauvre goule apporta un plateau sur lequel étaient posés deux verres contenant un liquide rougeâtre qu’il présenta à Howells. Ce dernier n’accorda pas la moindre attention à l’esclave et remercia son infante d’une inclination de la tête. Il s’empara d’un verre et le porta à ses lèvres en souriant. Et il bu. Il réprima un rictus de dégoût. Elle l’observait comme figée d’inquiétude. Il reposa le verre à moitié plein, ce qui souleva une clameur dans la foule. Le Prince imposa le silence d’un geste puis porta son attention sur Andrew Howells qui ne souriait plus du tout.


- Vous n’appréciez pas ?

- Non, il ne s’agit pas de sang humain.

A nouveau une clameur d’indignation parcourut l’assemblée vampirique et des conversations naquirent, affligeant Elizabeth Donovan d’un sentiment profond de malaise. Howells, lui, craignant l’humiliation, abandonna toute solidarité.

- Pourquoi ? Oui, pourquoi m’offrir du sang d’animal ? Et qu’allez-vous leur offrir à eux ?

Il montra l’assemblée d’un geste étudié, restant courtois.

- Je… Je ne peux pas tuer.

Musique d’ambiance

Les chuchotements se transformèrent en conversations à voix haute et un brouhaha incontrôlé éclata dans la salle de bal du Grand Elysée en une conclusion désastreuse de la cérémonie.
A l’étage, le vampire qui s’était invité à l’insu de tous avait disparu.

Le sang. Ils ne le sentent plus, car leur corps n’en contient presque plus. A vrai dire, ils ne sentent plus rien d’autre que le souffle froid de la mort qui les enveloppe dans son étreinte ténébreuse.

Le Prince était sorti entouré de sa garde rapprochée. Mais à son insu, un prédateur terrifiant le traquait et brûlait d’une rage bestiale. Lorsque le monstre jaillit des ombres, il était trop tard.

Rose Clark fut rattrapée juste à temps par Clayton lorsqu’elle sombra dans l’inconscience et manqua de se briser les os sur le sol. Son regard se figea sur le verre de vin qu’elle n’avait pas touché, et elle eut juste le temps, à travers ses pensées brouillées, de regretter de ne pas avoir cédé à cet ultime plaisir. Et sa vue se voila.

Thomas Apcher ne vit pas sa vie défiler avant d’être emporté dans les ténèbres, il ne pensa qu’à la souffrance qu’il endurait et priait pour lui-même qu’elle cesse au plus vite. Et elle cessa lorsqu’il s’effondra sur le pavé de la ruelle obscure.

Sebastian Magyarnandor avait vu disparaître tout ce en quoi il avait cru, et lorsqu’il s’écroula lourdement sur la pierre tombale, ce fut une chute à la fois physique et psychologique. Avant que le noir de la mort n’envahisse sa vue, il vit le nom de celui qui gisait ici bas: Karl Marx.

Londres, la nuit du 19 septembre 1888

Ce soir, un Prince est mort.
Ce soir, un monstre a violé la troisième tradition inscrite dans le sang même des damnés.
Ce soir, le péché suprême de l’Amaranthe a été perpétré sur la personne du Prince.

Ce soir, Jack l’Eventreur est mort mais aucun mortel ne le sait. Aucun, car ici commence votre
Requiem.

_________________
"Un conseiller pour le controle des Elysees, un conseiller pour maintenir l'ordre, et un Prince pour les gouverner tous et dans les tenebres les lier."

Lestat, a propos du Prince Castlevaughn et de son cercle interieur.
Revenir en haut Aller en bas
https://londonbynight.forumactif.fr
 
La nuit du Requiem, 19 septembre 1888
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» NuiT. [PV/Adriene] [/!\ semi-hentaï, - 18 ans]
» [Pv Ay] Les sang coups de la nuit [Hentaï]
» Une nuit avec une déesse [PV Yuko][Hentaï]
» Une nuit qui prend tout son sens [Hentaï PV Kaine] [Terminé]
» [UPTOBOX] Requiem for a Dream [DVDRiP]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
London 2005 by night :: La chronique: London 1888 by night :: Les archives-
Sauter vers: